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Entreprises et déplacements : des démarches qui avancent

Quel que soit le type de structure et de territoire où les entreprises sont implantées, la question des déplacements, y compris pour les salariés qui font chaque jour le trajet de leur domicile à leur lieu de travail, représente un enjeu environnemental, mais aussi social. Quelques éco-acteurs (chefs de projet en entreprise, conseillers et chercheur) nous livrent leurs témoignages.

Le projet « Bougez mieux ! » de DCNS Le Mourillon

Dans le quartier du Mourillon à Toulon, où est implanté l’un des sites du groupe DCNS, un bilan gaz à effet de serre (GES) du site, qui compte 1100 collaborateurs, a révélé que la majorité de ses émissions de GES était liée aux déplacements (professionnels et domicile-travail) ; on a constaté par ailleurs que plus de 50 % des accidents du travail étaient des accidents de trajet. Deux bonnes raisons pour Florence Bourgue, ingénieur environnement, d’entreprendre, en 2011, la mise en place d’un plan de déplacement entreprise (PDE), intitulé « Bougez mieux ! ». Après une étape de diagnostic (étude d’accessibilité du site, enquête sur les habitudes des collaborateurs pour déterminer les parts modales (voir définition en encadré), cartographie des lieux d’habitation…), des ateliers de concertation ont été organisés en 2012 pour proposer et valider directement auprès des salariés les actions qui seraient les plus pertinentes.

Le PDE du site DCNS au Mourillon est entré dans sa phase concrète de déploiement en 2013, avec la création d’un espace Intranet dédié à la mobilité, pour regrouper toutes les informations pratiques sur les transports publics de la ville. En parallèle, le covoiturage, jusqu'alors spontané, a été l’un des axes du plan, avec l’intégration d’une « communauté » réservée aux collaborateurs de l’entreprise sur une plate-forme locale de covoiturage et la création de places de stationnement réservés. « Les premiers résultats sont encourageants, avec 10 % de collaborateurs inscrits, et déjà une distance effectuée en covoiturage de 43 000 km (ce qui équivaut à un tour du monde), évitant ainsi 6,5 tonnes d’émissions de CO2. Le message que l’on souhaite faire passer est que le covoiturage est compatible avec une organisation personnelle libre et souple : on n’est pas obligé de s’engager à partager ses trajets tous les jours ! Une ou deux fois par semaine, c’est déjà beaucoup. » Le vélo a également été favorisé, avec la distribution à l’automne 2013 de kits sécurité et des arguments imparables, tant pour les collaborateurs habitant le centre-ville que pour les autres : il permet une activité physique quotidienne et constitue un moyen de transport rapide et économique. 7 % des collaborateurs du site ont d’ailleurs été séduits par ce transport actif.

Florence Bourgue, ingénieur environnement sur le site, évoque la nouvelle enquête en cours auprès des salariés.

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Pendant la semaine du développement durable, on va lancer une nouvelle enquête de déplacement donc 2 ans après, jsutement pour pouvoir comparer. Il y a eu l'enquête de départ où l'on a fait le constat et la répartition des parts modales. On a mené des actions depuis et on va refaire une enquête pour pouvoir comparer et voir, par exemple, si la part de covoiturage a augmenté, pour se rendre compte de l'impact des actions qu'on a menées. Les collaborateurs ont bien vu qu'il y avait des actions qui avaient été menées puisque ce sont des actions visibles. Mais là, ça permet de toujours leur dire « C'est quelque chose qu'on fait pour vous, donc on vous consulte régulièrement pour toujours être sûr que ce qu'on va déployer dans nos actions colle à vos besoins et à vos attentes ». On ne le fait pas pour personne, donc il faut que ça soit cohérent.

La dimension sociétale : expérimenter pour éviter les surprises

Jean-Luc Ygnace, chercheur à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR), raconte : « Aux Etats-Unis, de grandes entreprises high-tech de la Silicon Valley ont mis en place des lignes de cars, comme les « Google bus » par exemple, pour leurs salariés habitant San Francisco (à 45 minutes de voiture environ). Au départ, cela paraissait une bonne idée, étant données les difficultés de circulation de cette métropole, le confort des bus et les équipements proposés pour y travailler en prolongeant ainsi la journée de travail de ces employés. Mais depuis fin 2013, des habitants des quartiers de la ville manifestent contre ces transports, qui empruntent souvent les lignes de bus publiques, s’arrêtent quelquefois aux mêmes arrêts et encombrent des voies de desserte locales… et favorisent l’installation de ces salariés en ville, malgré la distance avec leurs entreprises, avec des conséquences notables sur le prix de l’immobilier ». Dans un cas comme celui-ci, la difficulté est d’anticiper le fait qu’une très bonne idée théorique, notamment du point de vue de la limitation de l’auto mobilité et des effets positifs sur les émissions de gaz à effet de serre, peut avoir des conséquences pratiques d’opposition fortes et des réactions humaines qu’on n’avait pas imaginées.

Jean-Luc Ygnace souligne l’importance de prendre en compte les conséquences qui pourraient « dépasser » le périmètre des actions qu’on met en œuvre.

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Je n'ai pas trouvé trace dans la littérature avant l'expérimentation et la mise en place du ramassage de Google et toutes les entreprises de la Silicon Valley, je n'ai jamais vu d'article ou de papier ou de réflexion qui prévoyaient peut-être une résistance locale aussi forte telle qu'elle s'est exprimée. C'est la difficulté du gestionnaire de voir qu'une très bonne idée, dès qu'elle est mise en place ou qu'elle est envisagée, se heurte à des résistances sociales qu'on n’avait pas prévues au départ.

Il conclue : « D’où l’utilité d’expérimenter : toute idée, avant d’être mise en œuvre sur une large échelle, doit être validée expérimentalement, non pas seulement dans son contenu technologique mais dans sa dimension sociale et culturelle, pour éprouver les réactions face à son déploiement. »

Alice Ricouard, conseillère en mobilité PDE-PDIE à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-Saint-Denis, soutenue par l’ADEME Ile-de-France et la Région Ile-de-France dans le cadre de Pro’mobilité1, n’ignore pas cette dimension sociétale. Elle accompagne de nombreuses entreprises dont des entreprises du secteur aéroportuaire du Bourget, ainsi que de grands groupes ayant récemment implanté leurs sièges sociaux dans le quartier de la Plaine Saint-Denis – qui compte 20 000 salariés et devrait en compter 30 000 d’ici quelques années. Elle observe de nombreuses appréhensions parmi les salariés de ces groupes. Les transports du nord de l’Ile-de-France, en effet, sont perçus comme peu fiables, tant en termes de sécurité que de ponctualité : « Quand on géolocalise les salariés de ces entreprises lors de diagnostics, on constate que certains habitent parfois à l’autre bout de la région. Ils ne connaissent pas bien le secteur où ils travaillent », relate-t-elle. Et d’ajouter : « Malgré les investissements et les efforts des acteurs franciliens du transport, il s’avère que les lignes de RER qui desservent la Seine-Saint-Denis connaissent pourtant des dysfonctionnements, notamment en période de pointe où l'affluence est difficilement gérable. Ce phénomène ne favorise pas l’utilisation des transports en commun. »

Se regrouper pour être efficace dans ses actions et son lobbying

À Toulon, le PDE de DCNS au Mourillon prendra prochainement une autre dimension : « Un déménagement du site vers la commune d’Ollioules est programmé pour 2015. Notre engagement dans un PDE nous permet de préparer ce transfert avec l’objectif que la démarche soit « mûre » le moment venu, et que les collaborateurs s’approprient, dès maintenant, la question de la mobilité pour leur future organisation au quotidien. Nous avons également rejoint le projet de plan de déplacement inter-entreprises (PDIE) « ADETO Mobilité », qui couvre la zone où nous serons implantés », expose Florence Bourgue.

Après une première période de mise en place de plans de déplacement entreprises, l’époque est favorable aux démarches inter-entreprises. Bien que plus complexe, ce type d’organisation se révèle plus efficace : d’une part, cela permet de toucher un nombre plus grand de salariés sur une zone concentrée, et d’autre part, cela permet d’intégrer des entreprises de diverses tailles. « Là où les petites structures n’auraient pas eu les moyens d’agir, elles peuvent grâce à ce cadre être entraînées par les autres », précise Benoît Lepesant, ingénieur à l’ADEME Ile-de-France.

Alice Ricouard confirme : « Pour que les autorités organisatrices des transports comprennent, accompagnent voire anticipent la demande, de nombreux partenariats existent entre collectivités, acteurs publics, associations et groupes d’entreprises. Cela se structure au sein des plans inter-entreprises, où des plans d’actions sont établis et des décisions prises en commun, complétés par des démarches propres à chaque établissement. »

Alice Ricouard nous parle des tendances en Seine-Saint-Denis et des avantages, pour plusieurs établissements d'une même zone, de se regrouper.

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Ce qui se dessine pour le territoire de la Seine-Saint-Denis, c'est vraiment plus de PDIE, on considère qu'on est plus efficace à travailler à l'échelle d'une zone d'activité plutôt qu'une seule entreprise ou établissement. En phase action, on est plus efficient aussi. Bien sûr, dans le plan d'action, il y a une partie collective : ses actions sont décidées, mutualisées à l'échelle de cette zone mais ensuite il y a des actions à mettre en place individuellement dans chaque entreprise. La limite, effectivement, du plan de déplacement établissement, c'est qu'on s'intéresse uniquement à un seul établissement, ce qui est un peu dommage. Déjà, quand on mène une étude, ça permet aux entreprises de mutualiser les coûts quand elles sont plusieurs. En phase d’action, ça permet aussi de mutualiser un certain nombre de choses. Je sais que les entreprises sur la Plaine (Saint-Denis) sont satisfaites de faire partie d'un PDIE parce que ça donne aussi une force à l'action qui est engagé. En termes de demandes auprès de l'autorité organisatrice de transports ("le STIF"), si vous n'avez pas de données très précises et s'il n’y a pas de collectif… Pour avoir de la portée, l'union fait la force.

Implication de l’entreprise dans les trajets domicile-travail : facilitation ou ingérence ?

Dans les années 1960 ou 70, les entreprises recrutaient de la main d’œuvre dans leur secteur géographique, le rayon de déplacement des salariés était donc souvent contenu dans cette zone. Aujourd’hui, la notion d’offre et de demande est différente et la notion de proximité systématique n’est plus évidente. « Cela est beaucoup plus volatile : les entreprises recherchent des compétences et offrent des emplois, et l’accessibilité de l’entreprise via les différentes sortes de transports est devenue un critère assumé pour les salariés. », indique Jean-Luc Ygnace. « Certes, l’implication des employeurs dans l’organisation des trajets domicile-travail (sur le temps de vie privée des salariés) pourrait être vue comme une forme d’ingérence. Mais ce qui paraît un frein à la perception des salariés peut aisément être levé car ce qui importe aux salariés est aussi d’y trouver un bénéfice personnel, pour des raisons idéologiques et écologiques d’une part, mais aussi pratiques. » En constatant que ces changements ont des impacts positifs sur la circulation routière de sa zone de travail, ou encore son budget transports, le salarié peut y trouver son compte. Selon Claire Label, directrice de l’Agence de Mobilité du Nord Isère, des études indiquent qu’un foyer peut dépenser annuellement jusqu’à deux mois de salaire dans ses transports domicile-travail. « Finalement, les salariés sont plutôt ouverts à toute proposition de leur entreprise. Dans une région comme l’Ile-de-France en tout cas, les transports sont déjà tellement compliqués et coûteux que cela peut convaincre de changer ses habitudes », résume Alice Ricouard.

Jouer sur l’émulation

Tandis que les réseaux sociaux regorgent d’applications en tout genre, certaines comportent un intérêt pratique et permettent d’interagir avec des utilisateurs partageant les mêmes centres d’intérêt. Sur le modèle des comparateurs de performances sportives, on voit naître des programmes où les utilisateurs renseignent leur durée de marche à pied ou de vélo au quotidien et s’encouragent mutuellement – au sein d’un groupe, virtuel mais « fédérateur » – dans ces activités physiques. L’aspect ludique, social, de ce genre de challenges, favorise le changement de comportements « ensemble ». Jean-Luc Ygnace souligne que cette dimension collective, pas forcément formalisée dans des théories sociologiques, s’applique aussi entre entreprises. En région Rhône-Alpes par exemple, le challenge « Au travail j’y vais autrement »2, dont l’Agence de Mobilité du Nord Isère est l’un des relais locaux, est organisé chaque année au mois de juin. Les entreprises qui souhaitent relever le défi devront déclarer, à l’issue de la journée de challenge, le nombre de salariés venus autrement qu’en voiture individuelle. Les établissements gagnants dans chaque catégorie sont ceux qui présentent le meilleur taux de participation. « Cela permet de prendre conscience, de façon ludique et ponctuelle, de toucher au thème de la mobilité. Souvent, les entreprises ayant participé au défi sollicitent ensuite notre agence pour nous demander d’organiser des animations auprès de leurs salariés »3, témoigne Claire Label.

ZOOM : le covoiturage sous toutes ses formes

Si 75 % des salariés de la Plaine Saint-Denis se déplacent tout de même en transports publics, les trois quarts des salariés de l’aéroport du Bourget pratiquent l’« autosolisme », c’est-à-dire qu’ils se déplacent seuls en voiture pour se rendre au travail, étant donné le manque de transports adaptés à leurs horaires. « Pour réduire la part de l’utilisation de la voiture individuelle, on essaie de trouver d’autres solutions : favoriser le covoiturage dynamique, qui consiste à mettre en relation en temps réel, via des applications smartphone notamment, conducteurs et passagers pour covoiturer sur un itinéraire commun. Il peut s’agir de trajets complets domicile-travail, mais cela fonctionne mieux pour le rabattement vers les transports en commun, c’est-à-dire pour la part de trajet entre le lieu de travail et la gare la plus proche par exemple. »

À l’échelle de l’Ile-de-France, on trouve une multitude de plates-formes de covoiturage. Si certaines n’ont pas toujours la masse critique suffisante pour devenir un support quotidien pour les salariés d’une zone d’activité, l’intérêt de communiquer au sein des démarches PDIE sur des plates-formes adaptées pour cette zone est de pouvoir augmenter cette masse. L’animation est primordiale pour rendre attrayante et pérenne une plate-forme informatique de mise en relation, d’autant que les personnes intéressées s’organisent souvent entre elles sans passer par un outil. De plus, la voiture individuelle est parfois perçue comme un espace privé, comme une extension de la maison. « Certains n’ont pas envie de partager du temps avec leurs collègues en plus de la journée en entreprise. C’est dommage, car covoiturer, c’est aussi tisser du lien social ! », commente Alice Ricouard. Et cela se confirme avec les différentes expérimentations d’autostop organisé qui apparaissent en France. Les « VAP » (voitures à partager), comme on les surnomme aux Vals du Dauphiné (Isère) sont un réseau de conducteurs et auto-stoppeurs qui empruntent les mêmes parcours et se trouvent ainsi pour partager quelques kilomètres de trajet. Les lignes sont organisées avec des arrêts pré-définis (panneaux VAP) où l’on peut se positionner en tenant un carton de direction et attendre qu’une voiture s’arrête. Les membres du réseau sont identifiés (carte VAP pour le piéton et auto-collant sur le pare-brise des véhicules) pour sécuriser le système et permettre à l’Agence de Mobilité de recenser le nombre d’inscrits. « Si elle fonctionne bien, cette initiative, lancée début 2014, pourrait être étendue à l’ensemble du territoire et nous pourrons faire connaître ce mode de transport à d’autres territoires », s’enthousiasme Claire Label.

Assouplir les horaires pour faciliter les déplacements

À Rennes, pour désengorger la ligne de métro desservant l’université, un travail a été mené en lien avec la société exploitant les transports en commun et les services de l’agglomération : l’horaire de certains cours de début de journée a été décalé d’un quart d’heure, écart suffisant pour éviter aux étudiants de laisser passer le métro et d’attendre la rame suivante.

En Ile-de-France, où l’hyper-pointe (autour de 9h du matin) est un vrai problème, la SNCF et plusieurs entreprises expérimentent un système d’horaires variables pour que les heures d’arrivée au travail des salariés s’étirent sur plusieurs dizaines de minutes et que cela contribue à un trafic plus fluide. « Il faut savoir que les trajets domicile-travail – qui constituent la majorité des trajets aujourd’hui – sont ceux qui « dimensionnent » les réseaux de transports. En complément des nombreux investissements sur l’offre de transport en Ile-de-France (Nouveau Grand Paris et Plan de mobilisation pour les transports d’Ile-de-France), il est important de travailler sur la demande de transport. Pour cela, il faut accompagner les structures (entreprises et collectivités) à travailler sur l’évolution des comportements de leurs habitants ou salariés. », explique Benoît Lepesant, ingénieur à l’ADEME Ile-de-France.

La solution universelle : le « cas par cas » !

Atouts et contraintes du territoire et de ses infrastructures, possibilités plus ou moins importantes de faire évoluer l’organisation du travail, ou encore prise en compte des situations individuelles des salariés… autant de facteurs qui ressortent des témoignages et observations des conseillers spécialisés. Il n’y a pas de réponse unique pour toutes les entreprises, chacune doit composer en tenant compte du maximum d’éléments et en laissant une part importante à la flexibilité, dans l’établissement d’un plan concret tout comme dans les solutions proposées aux salariés… sans omettre de tester au préalable les solutions pressenties !

1 www.promobilite.fr : portail d'information sur les PDE en Ile-de-France

2 http://challengemobilite.rhonealpes.fr

3 Voir l'encadré sur les animations de l'Agence de Mobilité Nord Isère

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Florence Bourgue, ingénieur environnement, DCNS Le Mourillon

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Je suis Florence Bourgue, ingénieur environnement, je suis en charge de tous les aspects environnementaux liés à l'activité du site DCNS Le Mourillon. Ca comprend, classiquement, la gestion des déchets, les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), l'énergie, l'eau et aussi, depuis maintenant 2 ans, tous les projets associés à la mobilité et au plan de déplacement.

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Guide de mobilité distribué aux collorateurs du site DCNS au Mourillon

Télécharger le guide

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Jean-Luc Ygnace, chercheur à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR)

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Je suis Jean-Luc Ygnace, chercheur à l'IFSTTAR. Parmi de multiples activités, on peut dire que le fil conducteur de mes recherches, depuis 15 - 20 ans, est de me consacrer à l'étude des systèmes de transport intelligent au sens large du thème, c'est à dire des nouvelles technologies, des nouvelles pratiques qui tournent autour de ce qu'on appelle "le transport intelligent". Sachant que dans l'intelligence, il ne s'agit pas essentiellement de QI mais plutôt d'intelligence au sens d'information, la traduction immédiate 'intelligent' en anglais, c'est "l'intelligent service", c'est à dire l'information. Donc, je pense que tout le transport intelligent tourne autour d'une offre de technologies et de services pour une mobilité optimisée, du point de vue à la fois des gestionnaires et surtout des usagers.

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Alice Ricouard, conseillère en mobilité PDE-PDIE à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-Saint-Denis

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Je suis Alice Ricouard, conseillère en mobilité plan de déplacement entreprise à la Chambre de Commerce et d'industrie départementale de Seine-Saint-Denis. Je fais partie du dispositif "Pro’Mobilité" qui regroupe les grands acteurs franciliens de la mobilité. On est une douzaine de chargés de mission à l'échelle de la région Ile de France. Les acteurs sont l’ADEME, le Conseil Régional, la Chambre de commerce (la CCI Paris Ile de France), l'IAU, l’ARENE… il y a tout un tas d'acteurs qui travaillent sur ces questions de mobilité. Notre rôle en tant que conseillers en mobilité, c'est déjà de sensibiliser les entreprises sur notre territoire. Je travaille exclusivement sur la Seine-Saint-Denis, je suis la seule référente aujourd'hui pour les entreprises et les administrations qui ont besoin d'information sur tout ce qui est plan de déplacement établissement. Notre travail est de sensibiliser les acteurs privés du territoire mais aussi publics, à ce qu'est un plan de déplacement, les aider à le mettre en œuvre, et ensuite à assurer le suivi donc on a un rôle d'assistance à maîtrise d'ouvrage à l'échelle du territoire.

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Carte de géolocalisation des salariés d'une entreprise, réalisée par l'Agence de Mobilité Nord Isère

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Benoît Lepesant, ingénieur Transport et Mobilité - Qualité de l'air, ADEME Ile-de-France

 

Présentation des spécificités de l'Ile-de-France et de la structuration des démarches mises en place à l'échelle de la région :

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L'Ile de France a ses spécificités, il y a 12 millions dans la région Ile de France, ce qui représente à peu près 20 % de la France entière en termes d'habitants, 6 millions d'emplois, et l'Ile de France représente à peu près 28 % du PIB français. Comment faire pour travailler sur la mobilité domicile-travail qui est très impactante sur les réseaux ? Tout d'abord avec la démarche "Pro’Mobilité" qui rassemble 9 institutionnels dont le but est justement de promouvoir une mobilité domicile-travail de travail plus vertueuse pour l'environnement et plus efficace. Dans le cadre de "Pro’Mobilité", on a différents accompagnements : des formations, un site internet dédié, et aussi des accompagnements financiers en partenariat avec la région Ile de France sur la mise en place de démarches "plan de déplacement inter entreprises" mais aussi la mise en place de chargés de mission au sein des chambres de commerce, d'associations ou gestionnaires de zones dont le but est de sensibiliser les entreprises et les collectivités à la mise en place d'une démarche "plan de déplacement établissement" que ce soit en inter établissement ou alors avec des administrations.

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Lexique

Quelques définitions de termes...

  • Parts modales : répartition des déplacements entre différents modes de transport
  • Mode de transport actif : transport non motorisé mais pouvant être mécanisé (marche, vélo, rollers...), n'émettant pas de gaz à effet de serre
  • Autosolisme : utilisation d'un mode de transport motorisé, avec une seule personne par voiture

Voir le lexique du portail  Promobilité :

www.promobilite.fr/accueil/lexique

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Animation Mobilité en entreprise, organisée par l’Agence de Mobilité du Nord Isère

 

Présentation des différents types d'animation par Claire Label :

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On a 3 grands types d'animations : des points info transports, c'est vraiment de l'information multimodale, on arrive en entreprise ou en établissement public, on présente aux salariés l'ensemble des choix de transports qui s'offrent à eux et on les accompagne presque au cas par cas pour leur dire « Vous habitez à tel endroit, vous allez travailler à tel autre, vous avez telle et telle possibilité pour aller travailler ». On a aussi des ateliers thématiques sur des animations proprement dites sur le vélo avec bien souvent de l'essai de vélo car on a deux types de flottes de vélos : des vélos à assistance électrique, car ce sont des vélos qui se prêtent tout à fait à notre territoire (on a un territoire périurbain et rural avec des dénivelés et des grandes distances), et des vélos pliant, c'est une opération expérimentale avec la Région sur la combinaison vélo + train, ça permet de pouvoir mettre le vélo tout le temps dans le train y compris en heure de pointe quand celui-ci est bien chargé. Avec nos flottes de vélo, on les fait essayer, on les prête aux salariés qui le souhaitent pour quelques jours et on fait également une aide à l'achat jusqu'à 25 % du prix du vélo pour tous les habitants du nord Isère. Le vélo à assistance électrique, c'est jusqu'à 250 € et le vélo pliant jusqu'à 200 €. La particularité du vélo pliant est qu'on le propose également aux salariés du nord Isère qui n'habiteraient pas nécessairement sur le territoire mais qui prendraient un transport en commun pour venir travailler (vélo + transport en commun). Une autre animation thématique, c'est bien sûr le covoiturage parce que c'est vraiment un mode de transport qui est plébiscité par l'ensemble de notre territoire, que ce soit dans des villes plutôt à caractère urbain ou des communes très rurales : le covoiturage se prête sur tout le territoire. On propose aux entreprises de nous fournir le fichier de leurs salariés, on établit une géolocalisation des salariés. En animation, on peut directement leur dire « Sur votre secteur d'habitation, il y a tant de personnes de la zone d'activité qui pourraient covoiturer avec vous ». Ca leur permet de visualiser des potentiels de covoiturage et ensuite on les invite à s'inscrire sur les sites de covoiturage qui existent. Sur notre territoire, il y en a deux : pour trouver le maximum de co-voitureurs, il faut s'inscrire sur les deux sites (c'est ce que l'on conseille), et on va jusqu'à accompagner les salariés en animation pour les pré-inscrire sur les sites de covoiturage. On peut très bien faire « à la carte » : si une entreprise nous demande de faire une animation sur le train ou sur les autocars, on peut faire une animation sur toutes les thématiques du transport.

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Claire Label, directrice de l’Agence de Mobilité du Nord Isère

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Je suis Claire Label, directrice de l'Agence de Mobilité du Nord Isère. L'agence est assez jeune puisqu'elle a démarrée en 2012, c'est une association qui comporte une équipe de 3 personnes : la directrice (moi-même), une animatrice dédiée aux entreprises, aux collectivités et au covoiturage et une animatrice dédiée aux vélos et à l'éco-mobilité scolaire. En ce qui concerne nos actions envers les entreprises et les établissements publics ou privés, on est sur un territoire de 127 communes avec à peu près 1 500 établissements privés de plus de 5 salariés. Il y a beaucoup de petites entreprises et on ne les a pas comptabilisées. On travaille avec des collectivités bien sûr, avec 9 intercommunalités et une communauté d'agglomération, la CAPI (qui est autorité organisatrice des transports), et aussi deux autres autorités organisatrices de transport qui sont la région Rhône-Alpes pour les TER et le Département de l'Isère pour ce qui concerne le réseau de cars Trans-Isère. À ce jour, on accompagne deux plans de déplacement interentreprises sur le territoire et également des plans de déplacement d'administration puisque la CAPI a également son plan de déplacement.

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Visuel du projet "Voiture à partager", système d'autostop organisé en Nord Isère

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La Lettre Eco-acteurs Ensemble est éditée par l'ADEME, Service Animation Territoriale, Direction exécutive Action Territoriale
Adresse postale ADEME, 20 avenue du Grésillé BP 90406 / 49004 Angers Cedex 01
Directeur de publication : Eric VÉSINE, Chef du Service Animation Territoriale
Rédacteur en chef : Nicolas VALLÉE, Chargé de projet Eco-responsabilité / Cit'ergie
Rédaction & réalisation : Empreinte digitale / V-Technologies